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Au café des délices...

Au café des délices...

Il n'y a que de cette manière que j'imagine ma vie, que de cette manière que j'imagine mes actions. Que mon coeur ait tellement battu, et tellement fort, qu'il se désintègre. Qu'il détruise tout le reste. C'est ça ma vie.
Cette petite mélancolie sublime que je chérie et qui se blottit contre moi lors de ces nuits où le fantome de ta présence me guette et me viole de son baiser glacial. Et où seuls me reviennent nos souvenirs où le bonheur est un aboutissement. Comme sur un carrousel qui va trop vite, la nausée pourra venir nous visiter, on rira encore d'ivresse et du vent dans nos cheveux. Il n'y a pas de place pour moi dans l'entre deux. Il n'y a rien que du vide entre mes trop et mes pas assez. Et il n'y a qu'une seule demi-seconde entre le trop tôt et le trop tard. Mes mains ont accepté de s'abîmer dans ces excès. Leur douceur n'est qu'un leurs. Leur légéreté est emprunte de l'habitude de soulever du plomb. Leur finesse est sculptée au couteau. Et elles ne pardonnent rien. Je ne sais plus rien, je tourne et virevolte sur des musiques trop atypiques pour que vous en connaissiez l'existence, je perds tous les sens parce que la consicence n'apporte que des incertitudes de plus, et des repères en moins. La morale, je l'ai laissé derrière depuis longtemps. Et tout ce que je vois maintenant, c'est à quel point je t'aime. La laideur des matins ensoleillés lorsque tu n'es pas près de moi, la vulgarité des mots que tu ne prononces pas, le ridicule des espérances de ceux qui ne savent pas ouvrir les yeux et cette facilité qu'ils ont à mentir en se persuadant que le bonheur est ailleurs.
C'est comme ça que je vis. Cette petite douleur quotidienne et supportable que j'enfouis au coin de mon ventre. Qui plaque ce sourire sur mon visage, qui me fait marcher vite et chanceller sur mes airs de petite fille. Cette douleur dans le bas de ce coeur aimant, cette douleur pour laquelle je me fais belle chaque jour, pour laquelle j'avance toujours plus vite, pour laquelle je repousse les limites, et avec laquelle je voudrais faire ma vie entière.
« Il me manque. Il me manque , c'est atroce. Ce n'est pas par vague , c'est constant , en permanence , sans répit. Il me manque. Tu comprends ... C'est une douleur agréable et chaleureuse parce qu'elle me fait penser à lui sans cesse... Je l'aime. Tu comprends... »
& à ce moment précis, je rêve que cette douleur dont je raffole tant, soit là. Ma douleur à moi.

Je t'aime.

# Posté le lundi 01 juin 2009 16:09

Modifié le lundi 01 juin 2009 16:19

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